Société

Retours sur les tensions sociales historiques en Roumanie

Depuis février 2017, les rues de La Roumanie ont été le champ d’un meeting populaire réunissant plus de 250 000 personnes, suite aux décisions du gouvernement roumain d’adoucir la loi anticorruption.

La Roumanie, un centre de tension

Dans la soirée du 1er février 2017, La Roumanie fait face à des manifestations populaires antigouvernementales qui s’avèrent être les plus explosives depuis la chute du régime communiste roumain en 1989. Durant ces manifestations à Bucarest, Sibiu, Cluj, les cris des militants font appel aux démissions des dirigeants du pays qu’ils traitent de « voleurs ». À la source de la tension se trouve l’initiative du gouvernement roumain pour un assouplissement de la loi contre la corruption qui régit le pays. En effet, le gouvernement roumain a procédé dans la surprise totale à l’adoption d’un décret d’urgence pouvant couvrir certains hommes politiques et hommes influents des délits commis.

La population contre une mesure de dépénalisation

L’amendement de la législation contre la corruption est considéré par les manifestants comme étant une mesure adoptée afin de dépénaliser de nombreuses infractions et de dénoncer l’abus de pouvoir exercé par le gouvernement du Parti social-démocrate (PSD). Grâce au nouveau texte, les inculpations fréquentes passibles d’emprisonnement sont tenues comme des non-lieux. En outre, il va aussi servir d’échappatoire pour le chef du Parti politique à la tête du pouvoir. Ce dernier qui doit comparaître dans un procès d’emplois fictifs tenant lieu le mardi 31 janvier 2017. Des mesures draconiennes qui vont à l’encontre d’une justice équitable et d’une corruption asservie, les Roumains en ont connu assez en démontrant leur insatisfaction dans les rues.

La législation anticorruption, un élément détonateur

Une manifestation d’ampleur nationale, les aspirations ne se limitent plus à l’abrogation du dispositif anticorruption. En effet, suite à une manifestation qui s’est tenue le dimanche 26 février 2017 à Bucarest, les manifestants ont également mis en cause la nomenclature, la structure organisationnelle imposée par le Parti au pouvoir (PSD) au début de l’année 2014 jusqu’à aujourd’hui. Bien qu’elle ait été abrogée le 5 février 2107, la législation contre la corruption a été sans aucun doute le détonateur qui a permis de dénoncer les innombrables défaillances structurelles et le mécontentement des Roumains à l’égard de ses dirigeants faisant défaut à ses promesses électorales. Notamment l’augmentation du salaire minimum, le transport gratuit au bénéfice des étudiants, les retraites des bourses, etc.

Au final, il va sans dire que la situation actuelle en Roumanie est suivie de près par l’Union européenne, les États-Unis, le Canada, etc. Ces derniers qui éprouvent une profonde inquiétude quant à l’incapacité du gouvernement à maitriser l’émeute populaire. Avec ces incertitudes des organismes internationaux, il y aura sûrement de quoi faire inquiéter le gouvernement roumain dans la gestion de cette crise.

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