Brexit

Le Brexit, une menace à l’ascendant technologique en Europe

Dotée d’un excellent écosystème numérique, la Grande-Bretagne participait avec beaucoup de ferveur au marché numérique préconisé par la Commission européenne. Elle était par ailleurs l’un des états les plus actifs dans les échanges sur les dossiers en liaison avec la régulation numérique. La question qui se pose actuellement est sans aucun doute celle de savoir si le Brexit est une menace à l’ascendant technologique en Europe.

Avec ses nombreuses start-up innovantes, son excellent capital humain, ses centres de formation réputés, ainsi que son puissant capital risque, le Royaume-Uni était l’un des principaux acteurs du secteur digital en Europe. C’est sans aucun doute pour cette raison que la perspective du Brexit inquiète cet écosystème. Le pays disposait également d’une excellente politique influente sur les débats du numérique, qui était par ailleurs l’un des thèmes les plus abordés par les députés britanniques. En outre, l’Angleterre a indéniablement été une source d’inspiration pour le projet de Marché unique numérique de la Commission européenne de 2014.

Le retrait du Royaume-Uni intervient au moment où la question de la régulation numérique est en train d’être étudiée. La Commission européenne vient en effet d’annoncer sa volonté de produire un texte sur le libre échange des données non personnelles. L’Angleterre s’était déjà par ailleurs prononcé en préconisant une possibilité de transfert des données anonymisées transfrontières sans aucune restriction. Le pays s’affirmait ainsi clairement contre la régulation spécifique, ce qui n’était pas le cas des autres pays tels que l’Allemagne ou la France. Son départ aura également un impact sur l’équilibre des discussions autour des enjeux de sécurité.

Il convient de noter que la majorité des personnes (environ 87 %) qui travaillent dans le secteur de la technologie britannique ont voté en faveur du maintien au sein de l’UE. L’un des principaux sujets d’inquiétude de ces derniers reste l’accès des talents étrangers. En effet, dans l’hypothèse d’une fermeture des frontières et d’une politique d’immigration stricte, certaines startups rencontreront de réelles difficultés. D’une manière plus globale, il est question de l’accès au grand marché unique qu’est l’Europe, et donc de l’aptitude à grandir en terre étrangère. Par ailleurs, les startups du pays pourraient être exclues des programmes d’investissement européen et bien plus encore.

La sortie de la Grande-Bretagne pourrait pousser l’UE encore plus loin sur la rampe d’un exit technologique généralisé. Le plus grand risque serait de creuser un gros écart technologique entre l’Europe et le reste du monde dans le secteur numérique. Un tel retard ne serait bénéfique pour aucun état du continent. L’un des gros risques de ce détachement serait de voir les talents et les investissements prendre la poudre d’escampette et s’aventurer vers d’autres horizons que le continent européen.

Source : Lesechos.fr

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