Brexit

Charles de Gaulle, l’homme qui disait « non » au Royaume-Uni

Alors que les négociations entre Londres et Bruxelles se poursuivent, la sortie de la Grande-Bretagne et de l’Irlande du Nord de l’Union européenne promet d’être aussi compliquée que le fut leur processus d’adhésion. En 1967, la France, par la voix du général Charles de Gaulle, mettait son veto à l’entrée du Royaume-Uni dans le marché commun, le second après celui opposé quatre ans auparavant par le président français.

En 1963, le général de Gaulle refuse l’adhésion du Royaume-Uni en raison des intérêts économiques incompatibles entre les Britanniques et l’Europe continentale. La Grande-Bretagne entretien des relations privilégiées avec les États du Commonwealth et réclame de nombreuses concessions sur les règlements communautaires. De plus, le président craint que cette candidature ne mette en péril la PAC et que la CEE ne devienne qu’une simple zone de libre-échange.

Connu pour ses positions anti-atlantistes, le général de Gaulle, qui fera notamment sortir la France de l’OTAN trois ans plus tard, voit l’entrée du Royaume-Uni comme l’établissement d’une tête de pont des États-Unis en Europe. Par ailleurs, il doute de l’esprit européen des Britanniques et plaide davantage pour un approfondissement du marché commun plutôt que sur un élargissement géographique qui aurait pour effet de dénaturer le projet.

Les liens étroits entre les États-Unis et le Royaume-Uni toujours pointés par le général

Les liens étroits entre les États-Unis et le Royaume-Uni sont une nouvelle fois le facteur sous-jacent du véto opposé quatre ans plus tard par le président français, même s’il invoque les difficultés économiques des Britanniques. Quand Harold Wilson, alors pensionnaire du 10, Downing Street, préconise l’engagement croissant des États-Unis dans la défense de l’Europe, le général de Gaulle craint lui que la France ne perde son leadership en cas d’élargissement de l’union.

En novembre 1967, le Royaume-Uni est contraint de dévaluer la livre sterling, apportant un argument au général de Gaulle pour s’opposer à l’entrée des Britanniques, ceci contre l’avis de ses partenaires européens. Il va jusqu’à menacer d’une sortie de la France de la CEE en cas d’adhésion du Royaume-Unis. Il faudra attendre sa démission trois mois plus tard du poste de président de la République pour que les négociations puissent être relancées.

Les deux vétos émis par le général de Gaulle trouvent aussi leur origine dans les relations compliquées qu’il entretient avec les britanniques depuis la Seconde Guerre mondiale et son séjour à Londres. Toutefois, relire ses prises de position, exprimées il y a cinquante ans, nous rappelle l’ambiguïté dans laquelle évolue le Royaume-Uni, un pays attaché à l’Europe, mais qui a fait sa grandeur outre-mer.

Sources des photos : cvce.eu

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